mercredi 21 janvier 2026

Ghana : « Le compte de réserve destiné au service de la dette extérieure affiche un solde de 39 millions FCFA au 7 janvier 2025 contre 195 milliards FCFA en 2016 », selon Dr Cassiel Ato Forson, ministre des Finances

La dette du Ghana reste au cœur des débats économiques et politiques. Lors de la présentation du budget 2025 devant l’Assemblée nationale, le ministre des Finances, Dr Cassiel Ato Forson, représentant l’administration du président John Mahama, a dressé un tableau préoccupant de la situation financière du pays. Lourdement endetté, le Ghana doit faire face à des échéances colossales dans les années à venir, compromettant sa stabilité budgétaire et le financement de projets essentiels.

Le programme d’échange de la dette intérieure a considérablement alourdi le poids du service de la dette. Sur les quatre prochaines années, Accra devra rembourser environ 5 859 milliards FCFA, soit 11,6 % du PIB, uniquement pour les obligations de la dette intérieure. Le pic des remboursements est attendu en 2027 et 2028, avec respectivement 2 245 milliards et 2 049 milliards FCFA à honorer, soit 73,3 % du total dû.

L’exercice budgétaire 2025 ne sera pas plus clément. Le ministre des Finances a révélé des échéances particulièrement lourdes dès le début de l’année, avec des paiements attendus en février (386 milliards FCFA), en juillet (242 milliards FCFA) et en août (394 milliards FCFA). À cela s’ajoute la gestion de bons du Trésor à court terme hérités de l’administration précédente, représentant 4 334 milliards FCFA, nécessitant un refinancement hebdomadaire et exerçant une pression supplémentaire sur les finances publiques.

La situation est tout aussi critique sur le front de la dette extérieure. Entre 2025 et 2028, le Ghana devra s’acquitter de 5 260 milliards FCFA, soit 10,9 % du PIB. Une fois encore, les années 2027 et 2028 concentreront la majeure partie des remboursements avec respectivement 1 511 milliards et 1 451 milliards FCFA à honorer.

Or, selon Dr Forson, aucun fonds de réserve n’a été constitué pour amortir ces chocs financiers. Au 7 janvier 2025, le compte de réserve destiné au service de la dette extérieure affichait un solde dérisoire de 39 millions FCFA, contre 195 milliards FCFA en 2016. De même, le fonds dédié à la dette intérieure ne comptait que 5 578 milliards FCFA, contre 16 759 milliards en 2016.

Des projets gelés, un avenir incertain

L’impact de cette crise dépasse les seuls chiffres budgétaires. La restructuration de la dette ghanéenne, notamment auprès des créanciers bilatéraux, a conduit à la suspension de 55 projets majeurs, notamment dans les secteurs de la santé et des infrastructures routières. Selon le ministre des Finances, ces interruptions représentent environ 1 813 milliards FCFA de prêts non déboursés et 181 milliards FCFA de certificats de paiement intérimaires impayés.

Le programme soutenu par le FMI, qui impose un plafond annuel de 151 milliards FCFA pour les décaissements de prêts bilatéraux, complique encore davantage la situation. À ce rythme, il faudrait au moins 12 ans pour achever ces projets laissés en suspens.

Par Ouattara

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