Ghana : le gouvernement veut combler le déficit de 590 000 tonnes de poisson grâce à un partenariat stratégique avec la Chine

Le Ghana fait face à un déficit annuel d’approvisionnement en poisson estimé à 590 000 tonnes métriques, ce qui représente une valeur comprise entre 600 et 800 millions de dollars américains. La demande totale en poisson dans le pays s’élève à 1,28 million de tonnes métriques par an, tandis que la production nationale reste autour de 684 000 tonnes métriques, créant ainsi un écart important que le gouvernement cherche à combler.

Pour répondre à ce défi, le gouvernement a renforcé son partenariat stratégique avec la Chine dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture. Cette initiative a été officialisée à Pékin lors d’une rencontre entre le ministère ghanéen des Pêches et du Développement de l’Aquaculture (MoFAD) et le ministère chinois de l’Agriculture et des Affaires rurales, en présence de responsables politiques et économiques des deux pays.

L’objectif fixé par le ministère est d’augmenter la production aquacole nationale de 177 000 tonnes métriques d’ici 2027, afin de réduire le déficit et d’assurer un approvisionnement plus régulier du marché intérieur.

Le Ghana dispose de ressources naturelles considérables pour soutenir cette expansion. Le lac Volta, qui s’étend sur 8 502 km², est actuellement exploité à moins de 5 % de sa capacité, offrant un potentiel énorme pour le développement de l’aquaculture, notamment pour la production de tilapia, qui bénéficie de conditions climatiques favorables tout au long de l’année.

Le gouvernement a identifié plusieurs segments stratégiques pour les investissements chinois et internationaux. Il s’agit notamment de la fabrication d’aliments pour poissons, de la création d’écloseries SPF, de l’extension des infrastructures de la chaîne du froid et de la construction d’unités modernes de transformation du poisson. Ces actions sont particulièrement nécessaires, car les pertes après récolte atteignent actuellement entre 25 et 50 % pour la pêche continentale et entre 10 et 20 % pour la pêche maritime, tandis que le taux de transformation industrielle reste inférieur à 10 %.

Afin d’encourager les investissements, le gouvernement propose des modèles flexibles, incluant des coentreprises à 100 %, des partenariats public-privé et des licences technologiques. Ces investissements sont également soutenus par des incitations telles que des exonérations fiscales, des exemptions de droits de douane et la possibilité de rapatrier librement les bénéfices.

Ce partenariat permettra non seulement d’améliorer la sécurité alimentaire du Ghana, mais aussi de créer de nouveaux emplois dans l’aquaculture et la transformation du poisson, de valoriser les produits locaux et de renforcer la croissance de l’économie bleue, tout en préservant les écosystèmes aquatiques.

Par Leila Toé

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