Le gouvernement ghanéen s’apprête à entrer en négociations pour acquérir la participation de Springfield Exploration and Production Limited (SEP) dans le bloc West Cape Three Points 2 (WCTP 2). Cette initiative vise à endiguer une baisse de la production pétrolière nationale, jugée trop rapide, et à sécuriser des ressources stratégiques longtemps sous-exploitées. Selon un communiqué du ministère de l’Énergie, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de protection des actifs nationaux et de relance des projets en amont bloqués.
D’après les données du Comité d’intérêt public et de responsabilité (PIAC), la production de brut a reculé de 25,9 % au premier semestre 2025 par rapport à la même période en 2024. Ce recul s’ajoute à une chute des revenus pétroliers estimée à 56 %, résultant à la fois de la contraction de la production et de la baisse des prix mondiaux du pétrole.
Pour piloter l’opération, la Ghana National Petroleum Corporation (GNPC) et sa filiale GNPC Explorco ont lancé un processus rigoureux. Ils ont mandaté un consultant technique indépendant et un conseiller en transactions qui réaliseront une évaluation complète du bloc (vérification des dépenses passées, diligence financière et estimation indépendante de la valeur de la participation de Springfield).
Selon le gouvernement, cette intervention est urgente dans un contexte d’incertitude mondiale sur la transition énergétique. Le redéveloppement du gisement WCTP 2 pourrait générer des revenus à long terme et renforcer la sécurité énergétique du Ghana.
Le plan prévoit également un renforcement du contenu local. En cas de rachat, l’État souhaite accroître la participation technique des entreprises ghanéennes, favoriser le transfert de compétences et garantir un développement inclusif avec les communautés locales, notamment via des partenariats avec des opérateurs en eaux profondes disposant d’une forte expertise.
Springfield, qui exploite déjà le bloc WCTP 2, a confirmé des réserves substantielles lors du forage du puits Afina-1X (quelque 1,5 milliard de barils en place et 0,7 trillion de pieds cubes de gaz associé). Le groupe ghanéen pourrait dès lors devenir un partenaire stratégique dans le développement de ce gisement, sous contrôle étatique ou co-piloté avec un autre acteur technique.
Par Bernadette W.Gansonré


