Le Ghana poursuit sa trajectoire désinflationniste avec un taux d’inflation de 6,3 % en novembre 2025, son plus bas niveau depuis la révision de l’indice des prix à la consommation en 2021. Il s’agit du onzième mois consécutif de recul, soutenu par un meilleur approvisionnement intérieur, la stabilisation du taux de change et l’atténuation des coûts énergétiques.
L’inflation alimentaire a enregistré une baisse notable, passant de 9,5 % en octobre à 6,6 % en novembre, sous l’effet du recul des prix des légumes, tubercules, fruits et poissons. L’inflation hors alimentation s’est également repliée de 6,9 % à 6,1 %. Les secteurs du logement, de l’électricité, de l’habillement et des transports ont été les principaux moteurs de cette accalmie, tandis que l’inflation des biens est descendue à 7,3 % et celle des services à 3,8 %. Le taux moyen tronqué, qui filtre les variations de prix les plus extrêmes afin de mieux refléter la tendance réelle de l’inflation, s’est établi à 6,2 %, confirmant une stabilisation plus profonde des prix.
La désinflation s’observe aussi bien sur les produits locaux que sur les importations. L’inflation des biens locaux a reculé à 6,8 % tandis que celle des biens importés a chuté à 5 %, portée par la baisse des cours mondiaux et la stabilité du cedi. Cette évolution traduit un ralentissement généralisé des pressions sur les prix dans l’ensemble des groupes de consommation.
Les disparités régionales demeurent marquées. La région de Savannah affiche un taux négatif de -0,02 %, soutenue par une bonne disponibilité alimentaire, alors que la région du Nord-Est enregistre la plus forte inflation avec 12,2 %. Les régions du Nord et du Haut-Ouest restent également sous pression en raison de contraintes logistiques persistantes. Le Grand Accra, principal centre de consommation du pays, représente toujours plus d’un cinquième des pressions inflationnistes nationales.
Toutefois, l’inflation mensuelle est remontée à 0,9 % en novembre après une baisse de 0,4 % en octobre, sous l’effet d’ajustements de prix dans certains biens non alimentaires, notamment la restauration, les produits de soins personnels et divers services. Un mouvement limité, qui ne remet pas en cause la tendance générale, mais rappelle que la trajectoire désinflationniste du pays reste sensible aux variations sectorielles à court terme.
Par Leila Toé


