Le Ghana confirme son retour progressif à la stabilité macroéconomique. En décembre 2025, le taux d’inflation est ressorti à 5,4 % en glissement annuel, contre 6,3 % un mois plus tôt et surtout 23,8 % à la même période en 2024, selon les données publiées par le Service statistique du Ghana. Il s’agit du douzième mois consécutif de désinflation, un signal fort après plusieurs années de fortes tensions sur les prix.
Présentant les chiffres, les statisticiens, ont indiqué que l’indice des prix à la consommation s’établissait à 261,7 en décembre 2025, contre 240,8 un an plus tôt. En un an, l’inflation a ainsi reculé de 18,4 points de pourcentage, une évolution que les autorités présentent comme la preuve d’une amélioration des fondamentaux macroéconomiques et d’un virage ferme vers la stabilité des prix.
Sur le plan mensuel, l’inflation s’est établie à 0,9 % en décembre, reflétant une légère hausse des prix entre novembre et décembre. Pour le statisticien gouvernemental, ces mouvements à court terme s’inscrivent désormais dans une tendance de fond clairement orientée à la baisse, même si des fluctuations ponctuelles peuvent encore apparaître.
L’analyse détaillée des données montre que la désinflation est généralisée. Elle concerne aussi bien l’alimentation que les biens non alimentaires, les biens et services, ainsi que les produits locaux et importés, comparativement à novembre 2025 et à décembre 2024. L’inflation alimentaire, qui pèse lourd dans le budget des ménages, a enregistré l’une des baisses les plus marquées. Elle est tombée à 4,9 % en décembre 2025, contre 6,6 % en novembre et 27,8 % un an plus tôt, soit une réduction annuelle de 22,9 points de pourcentage. Cette évolution est particulièrement significative dans un pays où la nourriture représente environ 43 % des dépenses des ménages, la baisse des prix alimentaires contribuant directement à soulager le pouvoir d’achat.
Dans le détail, les principales sous-classes alimentaires, notamment les légumes, les céréales, le poisson et les produits carnés, ont vu leurs tensions se relâcher. Certaines catégories ont certes enregistré des hausses modestes d’un mois à l’autre, sous l’effet de facteurs saisonniers, mais plusieurs produits affichaient des baisses nettes à la fin de l’année. Sur une base mensuelle, les prix alimentaires ont néanmoins progressé de 1,1 % en décembre, un mouvement attribué essentiellement à ces effets saisonniers.
La tendance est similaire du côté des produits non alimentaires. L’inflation non alimentaire est revenue à 5,8 % en décembre, contre 6,1 % en novembre et 20,3 % en décembre 2024, soit un recul de 14,5 points de pourcentage en un an. Sur un mois, elle s’est établie à 0,6 %. Pour les autorités statistiques, cette évolution confirme que la désinflation ne repose pas sur un seul facteur, mais concerne l’ensemble des grandes catégories de consommation.
Les biens, qui représentent près des trois quarts du panier de l’indice des prix à la consommation, ont vu leur inflation fortement ralentir à 5,8 % en décembre 2025, contre 7,3 % en novembre et 23,1 % un an plus tôt, soit une baisse annuelle de 17,3 points de pourcentage. Les prix des biens ont augmenté de 0,8 % sur une base mensuelle, une progression jugée contenue au regard des tensions observées les années précédentes.
Du côté des services, l’inflation est remontée à 4,5 % en décembre, après 3,8 % en novembre. Malgré cette légère accélération, elle reste très en dessous du niveau de 15,4 % enregistré en décembre 2024, ce qui correspond à une baisse de 10,9 points de pourcentage sur l’année. D’un mois à l’autre, les prix des services ont progressé de 0,9 %.
Par Amhed Coulibaly


