Ghana : une hausse de 9,86 % de l’électricité et 15,92 % de l’eau à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 pour soutenir un secteur sous pression

À Accra, le régulateur ghanéen des services publics a tranché À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, les ménages comme les entreprises paieront plus cher leur électricité et leur eau. La Commission de régulation des services publics (PURC) a validé une augmentation de 9,86 % des tarifs d’électricité et de 15,92 % pour l’eau, une décision présentée comme indispensable pour préserver la continuité des services essentiels et financer les investissements que réclame un secteur fragilisé.

Cette révision s’inscrit dans le cycle tarifaire pluriannuel 2026-2030, pensé pour remettre à niveau des infrastructures vieillissantes après des années de sous-financement et de coûts d’exploitation en hausse. En annonçant sa décision, la PURC a insisté sur la profondeur du processus : des auditions techniques aux consultations publiques régionales, l’autorité dit avoir passé au crible la situation financière des opérateurs pour déterminer le niveau d’ajustement nécessaire. L’objectif affiché est de replacer le secteur sur une trajectoire durable, dans un pays confronté à des défis structurels d’approvisionnement, notamment en période de contraintes hydrauliques.

Les nouveaux tarifs répondent au cadre MYTO, l’Ordonnance de révision tarifaire qui organise des révisions majeures tous les trois à cinq ans. La dernière grande revue, intégrant à la fois dépenses d’investissement (CAPEX) et dépenses opérationnelles (OPEX), date de septembre 2022 et doit être mise à jour en 2025. Contrairement aux révisions trimestrielles qui corrigent simplement l’impact des facteurs extérieurs – inflation, dépréciation du cedi, coûts du carburant ou mix hydrothermal –, la revue pluriannuelle prend en compte des déterminants plus larges : projections d’investissement, conditions sociales des consommateurs et compétitivité des industries.

Pour la période 2026-2030, la Commission indique avoir analysé en détail la base d’actifs réglementée des opérateurs afin de mesurer l’effort financier nécessaire au maintien de la qualité du service. Si les nouveaux tarifs sont fixés pour cinq ans, les ajustements trimestriels continueront, eux, de refléter l’évolution du taux de change cedi/dollar, du coût moyen pondéré du gaz (WACoG) ou encore de l’inflation. Selon la PURC, ces revues périodiques permettent de préserver la valeur réelle des tarifs et la viabilité des opérateurs tout en évitant des hausses brusques qui pourraient déstabiliser les ménages et les entreprises.

La dimension politique du cadre MYTO n’a pas été oubliée. La Commission met en avant l’intégration des mini-réseaux dans le dispositif tarifaire, un outil essentiel pour porter l’accès national à l’électricité de 89 % aujourd’hui à une couverture universelle. Le coût d’approvisionnement des îles et des zones enclavées a également été intégré dans les besoins de recettes de la Volta River Authority (VRA), afin de garantir des tarifs uniformes, quel que soit le lieu d’habitation, une question sensible dans un pays où les disparités géographiques d’accès restent marquées.

Le régulateur a réaffirmé son engagement à faire respecter les normes et les obligations des opérateurs à travers l’application de ces nouveaux tarifs pour garantir le rapport qualité-prix, la fiabilité de l’approvisionnement et l’amélioration progressive des services à mesure que s’ouvrira ce nouveau cycle tarifaire.

Par Amhed Coulibaly

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