L’indice général des prix à la consommation a connu une hausse modérée en mars 2025 par rapport au mois précédent, selon les dernières données publiées. Cette évolution reflète des dynamiques contrastées selon les régions et les fonctions de consommation, avec un rôle moteur attribué aux produits alimentaires frais. La tendance nationale masque des variations régionales notables : des hausses ont été enregistrées à Boké, N’Zérékoré, Kankan et Conakry. À l’inverse, Labé et Mamou ont connu une baisse sensible, tandis que Kindia et Faranah affichent une quasi-stabilité.
La fonction « alimentation et boissons non alcoolisées » a été le principal moteur de la hausse mensuelle. Cette évolution s’explique par la flambée des prix de plusieurs denrées essentielles, comme les agrumes, les légumes frais en feuilles et les poissons frais. À ces produits s’ajoutent d’autres fruits frais, les œufs, les huiles, ainsi que le sel, les épices, les sauces et autres produits alimentaires divers. Parmi les produits ayant le plus influé sur l’indice figurent notamment le citron, certains poissons comme la sole et la daurade rouge, des légumes comme le concombre, le gombo ou les feuilles de manioc, ainsi que des fruits de saison comme la mangue.
Malgré cette tendance haussière, plusieurs denrées ont vu leurs prix reculer. C’est le cas des céréales non transformées, de la farine de manioc, du maïs en grain ou encore de la cacahuète. Les tomates fraîches ont également enregistré un net repli, tout comme le riz importé, qu’il soit de qualité populaire ou de luxe.
L’analyse par type de produit révèle que les produits frais ont contribué à la hausse mensuelle, alors que les produits de l’énergie et les biens hors énergie et produits frais sont restés stables. Les produits locaux se sont appréciés, contrairement aux produits importés qui ont connu un léger recul. Du point de vue sectoriel, la progression est essentiellement portée par le secteur primaire. Les produits non durables ont également contribué à la hausse de l’indice général.
En glissement annuel, l’indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) à Conakry a progressé, mais à un rythme légèrement plus faible que le mois précédent. Ce ralentissement intervient malgré un niveau d’indice encore élevé, comparé à la même période de l’année dernière, marquée par les effets de l’explosion du grand dépôt pétrolier. La moyenne annuelle de l’inflation à Conakry connaît également un léger recul.
Par Léon Yougbaré


