Le gouvernement malien a présenté les grandes orientations du projet de loi de finances pour l’exercice 2026. Ce budget prévoit une hausse des recettes, une progression des investissements publics et une légère réduction du déficit budgétaire.
Le projet de budget de l’État du Mali pour 2026 est arrêté en recettes à 3 057,79 milliards de FCFA et en dépenses à 3 578,22 milliards de FCFA, soit un déficit global de 520,43 milliards de FCFA contre 540,19 milliards de FCFA dans la loi de finance rectifiée 2025. Ce déficit est estimé à -2,4% contre une norme communautaire de –3%. Cette évolution témoigne des efforts entrepris par le gouvernement pour maîtriser le déséquilibre budgétaire tout en maintenant le cap sur les priorités économiques et sociales.
Les recettes budgétaires enregistrent une hausse de 11,61 %, passant de 2 739,70 milliards de FCFA en 2025 à 3 057,79 milliards de FCFA en 2026. Dans la structuration, les recettes fiscales nettes atteignent 2 702,35 milliards de FCFA, en augmentation de 13,33 % par rapport à 2025. Cette évolution est portée par la mise en œuvre du nouveau code minier adopté en 2023, l’amélioration du cours des matières premières, notamment du pétrole et la montée en puissance du Fonds de soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social.
Les recettes non fiscales s’établissent à 27,84 milliards de FCFA contre 65,20 milliards de FCFA en 2025, enregistrant une forte baisse de 57,30 %. Cette contraction est principalement due à l’absence des versements exceptionnels effectués par les sociétés de téléphonie l’année précédente.
Les dons budgétaires, pour leur part, sont estimés à 77,00 milliards de FCFA, soit une légère hausse de 2,53 %. Ils se composent de 75,00 milliards de FCFA de dons projets et de 2,00 milliards de FCFA de dons programmes. Ces derniers correspondent à l’Appui Budgétaire Sectoriel (ABS), dont le montant passe de 0,098 milliard de FCFA en 2025 à 2,001 milliards de FCFA en 2026. L’ABS décentralisé, octroyé par la Coopération suisse, financera trois programmes majeurs à savoir, le Programme d’Appui à la Gouvernance Inclusive (PAGI) pour 1,001 milliard de FCFA, le Programme de Renforcement de l’Environnement Protecteur au Mali (PROTECT) pour 0,707 milliard de FCFA et le projet Partenariats pour l’Insertion via les Compétences Impulsées par le Secteur Privé (PartICIP) pour 0,287 milliard de FCFA.
Du côté des dépenses, le projet de loi de finances prévoit un total de 3 578,22 milliards de FCFA en crédits de paiement (CP) contre 3 279,89 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse de 9,10 %. En autorisations d’engagement (AE), le montant s’élève à 1 107,19 milliards de FCFA, en progression de 4,38 %. Les dépenses du budget général atteignent 3 455,26 milliards de FCFA, dont 2 569,62 milliards de FCFA pour les dépenses ordinaires et 885,64 milliards de FCFA pour les dépenses en capital.
Les dépenses ordinaires augmentent de 6,66 %, soutenues par la hausse des charges de personnel, qui atteignent 1 134,33 milliards de FCFA, contre 1 056,11 milliards de FCFA en 2025. Cette progression s’explique par la revalorisation du point d’indice, la titularisation des nouvelles recrues dans la fonction publique et les forces de défense et de sécurité, ainsi que par les avancements statutaires. Les acquisitions de biens et services se chiffrent à 722,35 milliards de FCFA, en légère hausse, tandis que les charges financières augmentent de 14,63 % pour atteindre 245,85 milliards de FCFA. Les transferts et subventions, dont la subvention à Énergie du Mali (EDM SA) sont estimées à 454,07 milliards de FCFA.
Les dépenses en capital, qui traduisent l’effort d’investissement de l’État, sont évaluées à 1 092,30 milliards de FCFA en AE et 885,64 milliards de FCFA en CP, soit une hausse de 18,39 % par rapport à 2025. Elles concernent notamment le financement du Fonds de soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social pour 100 milliards de FCFA, les équipements des services pour 394,42 milliards de FCFA, ainsi que le Budget Spécial d’Investissement (BSI) sur ressources intérieures, estimé à 697,87 milliards de FCFA en AE et 326,22 milliards de FCFA en CP. Ces crédits financeront plusieurs projets structurants, dont la transformation de centres de santé en hôpitaux de district et la construction d’hôpitaux régionaux.
Avec ce projet de budget 2026, le Mali réaffirme sa volonté de renforcer la discipline budgétaire tout en soutenant les investissements sociaux et économiques. La réduction du déficit, la hausse des recettes fiscales et la priorité donnée aux infrastructures illustrent une stratégie de relance orientée vers la croissance et la stabilité macroéconomique.
Par Bernadette W.Gansonré


