Depuis douze mois, l’Afrique se positionne au cœur de la transformation des marchés de l’énergie. Alors que la demande pétrolière mondiale ralentit sous l’effet de la faiblesse de l’activité dans les grandes économies et de l’essor rapide des alternatives en Chine et en Europe, le continent se distingue par l’essor de ses ressources pétrolières et la montée en puissance de ses producteurs clés. C’est ce qui ressort du premier numéro du Bulletin des matières premières 2025 publié par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank).
L’Afrique s’impose comme un pôle énergétique majeur, en particulier grâce au gaz naturel devenu un levier central de transformation économique. Le continent multiplie les initiatives pour valoriser ses réserves et répondre à une demande mondiale croissante, tout en renforçant sa contribution à la transition énergétique.
L’Algérie apparaît comme l’un des piliers de cette dynamique. Ses capacités d’exportation progressent et ses infrastructures se modernisent, consolidant son rôle dans l’approvisionnement de l’Europe au moment où les partenaires réorganisent leurs chaînes d’énergie. Plus à l’est, le Mozambique s’affirme comme un acteur émergent du gaz naturel liquéfié, porté par la mise en service progressive de ses projets offshore et par l’intérêt renouvelé des investisseurs internationaux.
En Afrique de l’Ouest, le Nigéria demeure un producteur central. Ses exportations atteignent des sommets pluriannuels sous l’effet des arrêts de raffineries et de la réorganisation des échanges, notamment avec une hausse notable des flux transatlantiques. Toutefois, son potentiel reste limité par des contraintes structurelles persistantes. Le déficit de capacités de raffinage, l’état vieillissant des pipelines et les pertes en amont freinent la valorisation du gaz associé. Pour Afreximbank, ces obstacles mettent en lumière une double réalité pour le secteur pétrolier africain, qui peine encore à exploiter pleinement son avantage compétitif.
Malgré le ralentissement mondial, l’Afrique consolide ainsi sa place dans les équilibres énergétiques internationaux. Le pétrole y apparaît comme une ressource stratégique capable de renforcer les recettes d’exportation et d’accélérer la transition vers des mix énergétiques moins émetteurs.
Par Bernadette W.Gansonré


