Microfinance au Burkina : des dépôts en hausse, mais un recul des crédits accordés au premier trimestre 2025

Le secteur de la microfinance burkinabè, qui compte 120 structures réparties sur l’ensemble du territoire national, poursuit sa dynamique de résilience. C’est ce que révèle le bulletin statistique de conjoncture du secteur pour le premier trimestre 2025, publié par la Direction de la Surveillance et du Contrôle des Systèmes Financiers Décentralisés, une entité rattachée à la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique.

Le nombre d’institutions de microfinance (ou SFD) est resté stable par rapport au dernier trimestre 2024. Il s’élève à 120 structures, dont 84 mutuelles, 9 associations, 23 sociétés anonymes et 4 sociétés à responsabilité limitée (SARL).

Si ce chiffre reste inchangé, les principaux indicateurs d’activités du secteur montrent des évolutions notables. Le nombre de membres est passé de 1 934 877 à 1 949 077 entre fin 2024 et le premier trimestre 2025. Ce total inclut 998 466 hommes, 665 945 femmes et 284 666 personnes morales.

Les dépôts des membres ont enregistré une progression, atteignant 499,13 milliards FCFA contre 469,78 milliards FCFA fin 2024, soit une hausse de plus de 29 milliards FCFA. À l’inverse, l’encours des crédits a légèrement reculé, passant de 406,46 milliards FCFA à 401,39 milliards FCFA sur la même période. Plus marquée encore, la baisse des crédits décaissés, qui chutent de 188,58 milliards FCFA à 102,85 milliards FCFA, soit près de 86 milliards FCFA de moins.

Sur le plan de la rentabilité, les cinq principaux indicateurs du secteur affichent des performances mitigées. Le rendement sur fonds propres passe de 1,9 à 0,89, bien en deçà de la norme fixée à 15 %. Le rendement sur actifs recule de 0,38 à 0,18, pour une norme supérieure à 3 %. L’autonomie opérationnelle progresse légèrement, de 102,65 à 103,9, toujours en dessous de la norme de 130 %. La marge bénéficiaire s’améliore de 2,58 à 3,78, mais reste loin de la norme de 20 %. En revanche, le coefficient d’exploitation grimpe à 78,33, dépassant largement la norme recommandée, fixée à un maximum de 60 %.

Lire aussi : Microfinance au Burkina : les créances en souffrance passent de 34,67 milliards de FCFA à 30,08 milliards FCFA à fin décembre 2024 – Horonya finance

Du côté de la conformité au dispositif prudentiel composé de 10 ratios, seules 11 institutions respectent l’ensemble des ratios et 28 autres en respectent les principaux, sur un total de 109 structures ayant transmis leurs données.

Enfin, la qualité du portefeuille s’est dégradée. Les créances en souffrance sont passées de 30,08 milliards FCFA à 34,58 milliards FCFA, portant le taux de créances douteuses à 8,62 %, soit bien au-delà de la norme de 5 %.

Par Drissa Ouattara

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