FG Gold Limited en Sierra Leone a bouclé ce lundi 1e décembre 2025, la clôture financière et obtenu la première tranche de son financement de dette senior de 330 millions de dollars US auprès d’Africa Finance Corporation (AFC) et d’Afreximbank pour le développement du projet aurifère Baomahun, appelé à devenir la première grande mine d’or commerciale du pays. Cette opération compte parmi les plus importantes transactions de financement structuré jamais réalisées en Sierra Leone, soutenant l’ambition nationale d’une exploitation minière responsable et créatrice de valeur économique durable. Le montage financier a été consolidé avec la participation du groupe Trafigura.
Cet investissement vient compléter les 100 millions de dollars US déjà injectés par l’AFC au titre du streaming aurifère et du financement mezzanine, portant l’engagement total des principales institutions africaines de financement du développement à 430 millions de dollars US, dont 75 millions de dollars US apportés par Afreximbank. Cette enveloppe sécurise l’ensemble du développement du projet et permet à l’entreprise d’accélérer la construction des installations clés, en vue du premier versement d’or.
Pour Oliver Tunde Andrews, fondateur et président exécutif de FG Gold, cette étape dépasse le cadre de l’entreprise. « Le projet Baomahun démontre que l’Afrique a la capacité de développer des actifs miniers compétitifs au niveau mondial grâce au financement local, à l’expertise technique et à la collaboration institutionnelle », a-t-il déclaré, soulignant le rôle déterminant de l’AFC dans l’attraction de nouveaux investisseurs.
Du côté des institutions financières, l’AFC revendique pleinement la portée stratégique de l’opération. « Baomahun incarne notre mission de catalyser une croissance industrielle durable menée par l’Afrique », a affirmé Samaila Zubairu, présidente-directrice générale de l’institution, rappelant que le projet établira une référence continentale en matière de développement minier responsable. Le Dr George Elombi, président du conseil d’administration d’Afreximbank, abonde dans le même sens, saluant « un projet à haute valeur économique qui renforce la création de richesse intérieure et un développement inclusif ». Trafigura, également impliqué, voit dans cette mine une étape majeure dans son expansion sur les marchés aurifères mondiaux.
Le projet Baomahun est piloté par Boxmoor Au et la plateforme A2MP, avec une équipe majoritairement africaine et des partenaires techniques de haut niveau comme Lycopodium, Knight Piésold, CrossBorder Energy et Komatsu/PanAfrican Equipment. Considérée comme l’une des opérations minières les plus ambitieuses jamais initiées en Sierra Leone, la mine introduit plusieurs premières nationales en matière de financement, d’ingénierie, d’énergie et de partenariat communautaire, offrant un modèle reproductible pour d’autres pays africains.
Sur le plan socio-économique, l’impact attendu est considérable. FG Gold emploie déjà 90 % de Sierra-Léonais dans ses effectifs et prévoit, en phase d’exploitation, jusqu’à 900 emplois directs et indirects, une contribution potentielle de 10 % au PIB et un dynamisme accru des chaînes d’approvisionnement locales. Le ministre des Mines, Julius D. Mattai, salue un « signal fort de confiance envers le climat d’investissement du pays » et une nouvelle ère pour un secteur minier plus inclusif et durable.
Parallèlement, les retombées pour les populations locales sont déjà palpables. L’entreprise a alloué 1 % de ses revenus bruts à un Fonds de développement communautaire destiné à financer l’éducation, la santé, l’agriculture, les infrastructures et l’entrepreneuriat. Parmi les premières réalisations figurent le centre communautaire Baomahun, l’école St. Joseph Bakhita, la rénovation du centre de santé local et la réhabilitation de la route Matotoka–Baomahun sur 66 km.
Par Drissa Ouattara


