Le Niger a annoncé le dimanche 30 novembre 2025 la mise sur le marché international de l’uranium extrait par la Somaïr, entreprise nationalisée en juin 2025 après des décennies de contrôle majoritaire par le groupe français Orano. Cette décision marque une nouvelle étape dans la stratégie de Niamey visant à reprendre le contrôle complet de ses ressources stratégiques et à accroître les revenus destinés à l’économie nationale.
D’après plusieurs sources locales, un convoi d’environ 1 000 tonnes d’uranium aurait quitté Arlit, ce qui témoigne de la volonté des autorités de poursuivre l’exportation. Cette initiative intervient alors qu’une décision du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements interdit au Niger de commercialiser les stocks issus de la production de la Somaïr. Orano, qui conteste la nationalisation auprès de cette instance internationale, a réaffirmé sa détermination à défendre ses intérêts par les voies juridiques disponibles.
Selon la télévision d’État Télé Sahel, les autorités nigériennes entendent exercer pleinement leur droit de disposer de l’uranium national et de le vendre sur le marché mondial. Elles présentent cette mise en vente comme un levier pour diversifier les partenariats économiques du pays et rompre avec un modèle où les conditions d’exploitation et de commercialisation étaient largement définies par des acteurs étrangers.
En affirmant son contrôle sur la filière, Niamey prend un risque juridique mais cherche à renforcer sa marge de manœuvre économique.
Par Leila Toé


