Nigeria : la production pétrolière peine à atteindre les quotas de l’OPEP malgré une légère hausse en octobre 2025

La production de pétrole brut du Nigeria a enregistré une légère progression en octobre 2025, atteignant 1,401 million de barils par jour (bpj) contre 1,39 million de bpj en septembre, selon le rapport mensuel sur le marché pétrolier (MOMR) de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) publié mercredi 12 novembre 2025.

Malgré cette amélioration, le pays n’a pas atteint son quota de production fixé par l’OPEP pour le troisième mois consécutif, la dernière fois qu’il avait respecté son objectif remontant à juillet 2025. Les données de l’organisation montrent qu’au troisième trimestre 2025, le Nigeria a produit en moyenne 1,444 million de bpj, contre 1,481 million au deuxième trimestre et 1,468 million au premier. Une tendance qui illustre les difficultés persistantes du pays à stabiliser sa production, malgré les efforts du gouvernement et les nouveaux investissements dans le secteur amont.

Selon le rapport, l’offre mondiale de pétrole a dépassé la demande de 500 000 barils par jour en octobre, inversant la situation observée en septembre où un déficit de 400 000 barils avait été signalé. L’OPEP attribue ce renversement à une hausse de la production non-OPEP de 890 000 barils par jour, dont plus de la moitié provient des États-Unis.

Face à cette situation, le ministre d’État nigérian au Pétrole, Heineken Lokpobiri, a déclaré en octobre son intention de demander officiellement à l’OPEP une augmentation du quota de production du Nigeria à 2 millions de bpj, contre 1,5 million actuellement. Selon lui, la remise en service de plusieurs champs pétroliers, le déploiement de nouvelles plateformes de forage et les investissements croissants des compagnies internationales offrent désormais au pays la capacité de soutenir un niveau de production plus élevé.

Cependant, les obstacles demeurent nombreux. Le vandalisme des oléoducs, le vol de brut, le vieillissement des infrastructures et les contraintes de financement continuent de peser sur la performance du secteur pétrolier nigérian. Malgré le renforcement de la surveillance et de la sécurité dans les zones productrices, la production reste bien en dessous des niveaux d’avant 2020, lorsque le pays dépassait régulièrement les 1,8 million de bpj.

Cette incapacité à atteindre les quotas de l’OPEP affecte directement les recettes en devises du Nigeria, où le pétrole demeure la principale source de revenus. Néanmoins, la hausse progressive enregistrée ces derniers mois pourrait marquer le début d’un rebond lent, mais durable, capable de renforcer la position budgétaire du gouvernement si la tendance se poursuit.

Par Amhed Coulibaly

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