La fonderie de cuivre de Kamoa-Kakula, située près de Kolwezi en République démocratique du Congo, a ouvert un nouveau chapitre avec la production de ses premières anodes de cuivre le lundi 29 décembre 2025. Cette entrée en service opérationnelle consacre la mise en exploitation de la plus grande fonderie de cuivre du continent africain, dotée d’une capacité annuelle de 500 000 tonnes.
Cette première production intervient quelques semaines seulement après le début de la phase de chauffe et une semaine après la première alimentation en concentré. L’installation est conçue pour produire des anodes de cuivre pur à 99,7 %, destinées aux marchés internationaux, tout en renforçant la chaîne de valeur locale grâce à la transformation sur site des concentrés issus du complexe minier de Kamoa-Kakula.
La mise en service de la fonderie devrait avoir un impact immédiat sur les performances commerciales du projet. En 2026, les ventes de cuivre devraient dépasser la production minière, en raison de la transformation et de la commercialisation d’environ 20 000 tonnes de cuivre précédemment stockées sous forme de concentré. Ce déstockage, principalement prévu au premier semestre 2026, permettra à l’opérateur de bénéficier de niveaux de prix du cuivre proches de leurs records historiques.
Sur l’ensemble de l’année 2026, la production de cuivre de Kamoa-Kakula est estimée entre 380 000 et 420 000 tonnes, avec une valeur médiane de 400 000 tonnes, correspondant à environ 80 % de la capacité totale de la fonderie. La priorité sera accordée au traitement des concentrés issus des concentrateurs des phases 1, 2 et 3, tandis que les volumes excédentaires pourront être orientés vers des installations tierces de la région.
L’intégration de la fonderie directement sur site devrait par ailleurs améliorer sensiblement les marges d’exploitation. La transformation locale des concentrés en anodes permet de réduire fortement les coûts logistiques, la teneur en cuivre par expédition passant d’environ 45 % dans le concentré à 99,7 % dans les anodes. À ces gains s’ajoutent des revenus complémentaires attendus de la vente d’acide sulfurique, un sous-produit de la fonderie.
La production de cet intrant a déjà débuté. À pleine capacité, la fonderie devrait générer jusqu’à 700 000 tonnes par an d’acide sulfurique destiné au marché local. La demande est particulièrement soutenue dans la ceinture cuprifère d’Afrique centrale, notamment depuis l’interdiction d’exportation d’acide décidée par la Zambie en 2025. Les premières ventes ont été conclues et les livraisons initiales sont attendues dans les prochaines semaines, dans un contexte de prix pouvant atteindre 700 dollars la tonne à Kolwezi.
Au niveau opérationnel, la mise en service s’est déroulée conformément aux prévisions techniques. Le four de fusion a atteint sa température de fonctionnement de 1 250 degrés Celsius avant l’introduction du concentré, tandis que les infrastructures clés, incluant le circuit d’acide, le sécheur de concentré et les systèmes de vapeur, ont été intégrées sans incident majeur. La fonderie est en outre sécurisée par un système d’alimentation électrique sans interruption de 60 mégawatts, capable d’assurer jusqu’à deux heures d’autonomie en cas de défaillance du réseau.
Dans une logique de sécurisation et de durabilité énergétique, le site de Kamoa-Kakula poursuit également ses investissements avec la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 60 mégawatts, couplée à un système de stockage par batteries. Sa mise en service est attendue au deuxième trimestre 2026 et viendra compléter les capacités existantes, renforçant la stabilité de l’approvisionnement électrique.
En parallèle, les opérations minières enregistrent des avancées notables. L’assèchement de la deuxième phase de la mine de Kakula est achevé, permettant une reprise anticipée de l’exploitation sélective du côté est fin décembre 2025. Le drainage du côté ouest a également ouvert l’accès à des zones à plus forte teneur, avec une teneur en cuivre appelée à progresser de 3,5 % à environ 4,0 % d’ici la fin du premier trimestre 2026. Les travaux de la phase 3 d’assèchement se poursuivront jusqu’au deuxième trimestre 2026, sans impact critique sur la continuité de l’exploitation.
Par Bernadette W.Gansonré


