Salon de l’investissement immobilier en Afrique 2025 : « Pour cette édition, nous avons intégré des innovations pour davantage impacter », Som Ouna Ouédraogo, commissaire général

Du 11 au 13 juillet 2025, Ouagadougou accueille la 2ᵉ édition du Salon de l’investissement immobilier en Afrique (SIIMMOA), un rendez-vous qui s’impose progressivement comme une plateforme d’échanges structurants sur la problématique du logement au Burkina Faso. Placée sous le thème « Logement pour tous : quelle politique de développement ? », cette édition ambitionne de réunir l’ensemble des acteurs du secteur publics, privés, nationaux et internationaux autour de réflexions approfondies et de solutions concrètes face à la crise du logement qui touche de larges couches de la population.

Spéculation foncière, urbanisation, inaccessibilité des offres immobilières, déficit de régulation efficace… : les défis sont nombreux, mais pour le Commissaire général du salon, Som Ouna Ouédraogo, cette rencontre constitue une opportunité pour impulser un nouveau souffle à la politique de l’habitat au Burkina Faso. Dans cet entretien accordé à Horonya Finance, il revient sur les enjeux majeurs de l’événement, ses objectifs, les innovations prévues, mais aussi les perspectives en matière d’investissement, notamment celui de la diaspora.

Horonya Finance (H.F) : Quelle est la genèse du SIIMMOA ? Qu’est-ce qui a motivé son lancement en 2023 ?

Som Ouna Ouédraogo (S.O) : D’abord, il faut dire que le SIIMMOA est une initiative née dans un contexte difficile. L’accès au logement est une problématique qui touche presque l’ensemble de la population. C’est ce qui nous a poussés à créer ce cadre de réflexion sur la question.

H.F : Quelles leçons avez-vous tirées de la première édition ? En quoi cette deuxième édition sera-t-elle différente de la précédente ?

S.O : C’est connu de tous que tout début n’est pas facile, surtout pour un événement sur un secteur aussi délicat que l’habitat. Malgré tout, nous avons réussi à tenir l’activité et nous en avons tiré beaucoup de leçons, notamment en termes d’organisation, de mobilisation des partenaires et en termes de communication, entre autres. Pour l’édition 2025, nous avons intégré des innovations pour davantage impacter. Par exemple, cette 2ᵉ édition met la diaspora au cœur de l’événement.

H.F : Pourquoi avoir choisi le thème « Logement pour tous : quelle politique de développement ? » pour cette édition 2025 ?

S.O : Le thème de cette année est lié à notre réalité en matière d’accès au logement. Beaucoup de Burkinabè ont du mal à se loger. Notre objectif, à travers le choix de ce thème, est de contribuer à mener la réflexion sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour résoudre la crise du logement dans notre pays.

H.F : Vous avez évoqué la difficulté d’accès au logement pour le citoyen burkinabè moyen. Quelles sont, selon vous, les causes profondes de cette crise du logement ?

S.O : Pour nous, la crise du logement est liée à un manque de planification et de volonté politique au niveau de l’autorité. On a assisté pendant longtemps à un étalement incontrôlé de la ville, lié à l’accaparement des terres par certains promoteurs immobiliers. La situation actuelle est également liée au désengagement de l’État dans la promotion du logement. Et c’est cette situation qui a créé la prolifération des zones non loties.

H.F : À vous entendre, le phénomène des zones non loties et de l’étalement urbain non maîtrisé est préoccupant. Que propose concrètement le SIIMMOA pour y remédier ?

S.O : Les zones non loties sont au cœur de la capitale. Et on ne peut pas concevoir des villes futures avec des bidonvilles dans nos grandes villes. Face à cet impératif de changement, le SIIMMOA se positionne comme un cadre qui réunit l’ensemble des acteurs du secteur de l’habitat. C’est aussi un espace d’informations sur les produits immobiliers, la réglementation sur le secteur.

H.F : Vous parlez d’un cadre de réflexion et de plaidoyer. Quels types d’acteurs attendez-vous autour de la table de discussion ?

S.O : Nous aurons un ensemble d’acteurs de plusieurs spécialités. Des experts du milieu qui vont, durant les trois jours, donner des communications, chacun en ce qui concerne sa spécialité. Ces experts viendront non seulement du ministère en charge de l’habitat, mais aussi de nos partenaires, notamment les agences de promotion immobilière.

H.F : Quels résultats concrets attendez-vous à l’issue des trois jours du salon ?

S.O : Le fait de pouvoir réunir les acteurs sera déjà une satisfaction pour nous, au regard des nombreux avantages que cela peut créer en termes de réseautage et d’opportunités d’affaires entre les entreprises. Ensuite, nous souhaitons que les exposants qui seront présents puissent être satisfaits à l’issue des trois jours. En plus, nous espérons aboutir à des recommandations fortes à l’endroit de nos autorités sur la question de l’habitat, dans un contexte où la population urbaine s’accroît, alors que le logement, par contre, devient difficile d’accès.

H.F : Vous évoquez l’implication de la diaspora dans l’immobilier. Quels types de mécanismes spécifiques faut-il mettre en place pour les attirer davantage vers l’investissement dans le logement ?

S.O : La diaspora africaine en général, et celle burkinabè en particulier, constitue une frange importante de la population qui investit dans l’immobilier. À travers le salon, nous voulons leur donner les bonnes informations sur les règles qui encadrent les activités du secteur et les accompagner éventuellement dans leurs projets d’investissements. Nous les invitons à participer afin de profiter des offres que nous avons à leur offrir. Pour les prochaines éditions, nous comptons aller à leur rencontre dans les pays où ils se trouvent.

H.F : Avez-vous prévu un accompagnement juridique ou administratif pour faciliter leurs investissements ?

S.O : Le SIIMMOA a une longue liste de partenaires comprenant plusieurs spécialités. Donc, nous sommes en mesure de les accompagner à tous les niveaux, parce que nous avons l’expertise nécessaire pour le faire. Il n’y a aucune inquiétude à ce niveau.

H.F : Les entreprises de cimenteries et autres vendeurs d’agrégats de construction sont aussi des acteurs non négligeables en matière d’habitat. Quelle place leur accordez-vous dans le cadre de ce salon ?

S.O : Ce sont des acteurs très importants dans la chaîne de construction de logements. Ils sont aussi invités à prendre part à l’événement. Ils ont non seulement leur mot à dire, mais surtout, ils pourront présenter leurs produits et services aux participants.

H.F : Le SIIMMOA envisage-t-il un dispositif pour recueillir et traiter en continu les attentes des populations (ex. plateforme numérique, cellule d’écoute, etc.) ?

S.O : Après le salon, nous restons à l’écoute des populations pour d’éventuels besoins. Nous avons un bureau au centre-ville, sur l’avenue Kwame N’krumah, où toute personne peut nous joindre. Il y a plusieurs profils dans notre équipe, disposée aux sollicitations des populations.

H.F : En dehors des panels et conférences, vous mentionnez des visites de terrain. Quels types de sites seront présentés ? Et dans quel objectif ?

S.O : Cette initiative s’explique par le fait que les demandeurs de logement veulent souvent voir de visu ce que les promoteurs proposent. En plus de cela, tout le monde n’a pas le même goût et les mêmes moyens. Il y en a qui veulent des habitations luxueuses, tandis que d’autres cherchent juste un endroit où reposer la tête. Notre ambition est donc de mettre les participants en contact direct avec nos partenaires promoteurs immobiliers sur le terrain pour des échanges directs.

H.F : Quel message souhaitez-vous adresser aux autorités, aux investisseurs, et surtout aux Burkinabè en quête de logement ?

S.O : D’abord, je voudrais rappeler que l’habitat relève de la dignité humaine. C’est un élément essentiel pour sa vie et il faut y attacher du prix. Je voudrais dire à la population que nous avons tous les moyens pour être logés, quel que soit le moyen dont on dispose. Il faut juste aller à l’information. Par conséquent, j’invite les populations à participer à l’événement afin de découvrir les opportunités qu’il offre.

Interview réalisée par Léon Yougbaré

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet