SIIMMOA 2025 : un panel inaugural sur les politiques de logement au Burkina pour lancer les activités

La 2ᵉ édition du Salon de l’investissement immobilier en Afrique (SIIMMOA) a pris son envol ce vendredi 11 juillet 2025 à Ouagadougou. Trois jours durant, plusieurs activités sont inscrites au programme autour du thème central : « Logement pour tous : quelle politique de développement ? ».Le commissaire général du SIIMMOA, Som Ouna Ouédraogo, a rappelé que l’objectif principal de l’événement est de réunir les acteurs, entre autres les promoteurs immobiliers, les experts et les investisseurs autour de la question cruciale du financement du logement. C’est pourquoi l’édition 2025 a mis en place un programme aussi riche que varié, comprenant des panels sur des thématiques d’actualité, des sessions de networking, des séances de B2B et des visites guidées sur les sites de promoteurs immobiliers.

Som Ouna Ouédraogo, Commissaire général du SIIMMOA

Cette deuxième édition, selon lui, se tient après une première couronnée de succès, malgré le contexte d’insécurité qui accentue la pression démographique sur les villes. Mais c’est dans ces moments difficiles, dit-il, que les grandes idées et innovations naissent. « Face aux difficultés d’accès au logement, il faut que nous réfléchissions pour trouver des solutions endogènes et ne pas forcément attendre l’État », a-t-il lancé, avant d’ajouter que le SIIMMOA a grandi tant en termes de partenaires nationaux qu’internationaux, qui l’accompagnent au niveau institutionnel et technique.

Lire aussi : Salon de l’investissement immobilier en Afrique 2025 : « Pour cette édition, nous avons intégré des innovations pour davantage impacter », Som Ouna Ouédraogo, commissaire général – Horonya finance

Mohamed Dabo, s’exprimant au nom des exposants, a salué l’initiative ainsi que la résilience des promoteurs, eu égard au contexte national du Burkina. Pour lui, il est temps pour les Burkinabè d’avoir une culture des salons et foires, au lieu des festivals. « En Afrique, les foires ne sont pas très développées », précise-t-il. À l’en croire, le SIIMMOA est-ce cadre par excellence qui permettra à l’ensemble des acteurs de l’habitat de se connaître. « Parce qu’au Burkina, on a du mal à repérer l’ensemble des entreprises évoluant dans un même domaine, alors que certaines d’entre elles font de très grandes réalisations », a souligné M. Dabo, qui relève que certaines entreprises importent des matériaux pourtant fabriqués sur place.

Quelle politique pour un logement accessible à tous ?
Le panel inaugural sur le thème central de l’événement a été animé par l’expert immobilier agréé Yaya Diallo, qui est parti d’un rappel historique des politiques publiques en matière de logement. De ce rappel, l’on retient que, pendant la période coloniale, la tendance était de nature ségrégationniste, dans une optique d’exploitation par le colon. Ces politiques, à ses dires, consistaient également à construire des logements en faveur du personnel de l’administration coloniale. Vient ensuite la période suivant les vagues d’indépendances, où naquirent les premières sociétés immobilières publiques. À cette époque, a relevé l’expert, des structures publiques ont développé des initiatives pour loger leurs travailleurs. À cela s’ajoute la période révolutionnaire sous le président Sankara, où la vision était de loger le maximum de populations. L’expert en veut pour preuve les Cités An 2, An 3 et les 1 200 logements, entre autres, qui ont émergé durant cette période.

Yaya Diallo, Expert immobilier agréé

Cependant, a relevé M. Diallo, les programmes d’ajustement structurel des années 1990 ont déstructuré, sinon affaibli, la plupart des économies africaines. Ce qui a obligé l’État, de son point de vue, à faire appel au privé dans le domaine de l’habitat. « À l’aune du bilan, le Burkina s’est retrouvé avec plus de 200 promoteurs immobiliers, alors qu’en matière de logements construits, on est très loin du compte », a regretté le panéliste, rappelant que la majorité de ces promoteurs se sont focalisés sur le foncier plutôt que sur l’immobilier. Quant aux politiques actuelles, elles sont marquées par l’adoption d’une nouvelle loi, qui vient recadrer la dérive de la spéculation foncière au Burkina.

Politique de planification, changement de mentalité… autant de leviers à actionner
Face à toutes ces difficultés, Yaya Diallo estime qu’il faut mener de très bonnes études démographiques en amont et repenser les politiques de planification qui, selon lui, se montrent le plus souvent obsolètes avant échéance. De plus, il a invité à un changement de mentalité des Burkinabè en matière d’habitat, en optant pour une politique de copropriété. « Vous avez besoin de logement, pas de parcelles », a-t-il lancé, précisant que les politiques publiques doivent permettre aux populations d’avoir des logements, et non seulement des terrains. « Chez nous, au Burkina, chacun veut sa propre maison où il va fonder sa famille. Ensuite, chaque enfant voudra aussi fonder sa famille dans sa propre maison », a décrit M. Diallo, qui souligne que les Burkinabè doivent comprendre que la population s’accroît, mais que la superficie du pays reste statique.

En outre, l’expert immobilier agréé a insisté sur l’impératif d’appliquer les textes afin de réorganiser le secteur et de sévir contre les brebis galeuses. « Il faut également que l’autorité travaille à permettre une réduction des coûts des matériaux de construction », a-t-il conclu.

Par Léon Yougbaré

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet