Lors d’une mission du Fonds Monétaire International (FMI) tenue à N’Djamena du 5 au 16 mai 2025, les représentants de l’institution et les autorités tchadiennes ont discuté d’un nouveau programme pouvant bénéficier d’un soutien financier d’environ 365,5 milliards de FCFA (630 millions de dollars) sur quatre ans, dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), sous réserve de l’approbation du conseil d’administration du FMI et de l’obtention des garanties de financement nécessaires.
Intitulé Tchad Connexion 2030, ce programme vise à servir de socle aux politiques de développement économique, financier et social du pays, en cohérence avec le Plan national de développement (PND). L’accord ambitionne de créer un environnement budgétaire favorable au financement du PND, en mettant l’accent sur la gouvernance, la croissance inclusive et la réduction durable de la pauvreté.
Pour assurer la viabilité des finances publiques, le programme prévoit de réduire le déficit budgétaire en augmentant les recettes non pétrolières tout en maîtrisant les dépenses dans les secteurs non prioritaires. Parmi les mesures envisagées figurent l’élargissement de la fiscalité indirecte, une gestion plus rigoureuse des finances publiques, la digitalisation de l’administration fiscale et douanière, ainsi qu’un meilleur contrôle des effectifs de la fonction publique. L’objectif est de ramener le déficit à une moyenne de 1,5 % du PIB durant la période du programme, afin de dégager des ressources pour des dépenses sociales et d’investissement essentielles à une croissance résiliente et inclusive.
Parmi ces priorités figure l’amélioration des programmes sociaux, tels que les transferts monétaires, l’alimentation scolaire ou encore l’extension du Registre social unifié (RSU), pour mieux cibler les populations les plus vulnérables.
Le soutien du FMI comprend également un diagnostic approfondi sur la gouvernance, l’État de droit et la stabilité financière. La restructuration des banques publiques et la réduction de l’implication de l’État dans certains secteurs font partie des réformes envisagées pour renforcer la résilience économique du pays.
Parallèlement, le Tchad s’engage à collaborer étroitement avec ses partenaires régionaux, notamment au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), afin de garantir la stabilité financière régionale. La mise en œuvre effective des recommandations est jugée essentielle pour corriger les déséquilibres macroéconomiques, maintenir un niveau adéquat de réserves extérieures et favoriser un soutien accru des partenaires au développement.
Les autorités tchadiennes ont réaffirmé leur détermination à conduire des réformes structurelles, notamment en matière de transparence budgétaire, de gouvernance économique et de lutte contre la corruption. La publication d’un rapport d’audit sur la gestion des recettes pétrolières est considérée comme une étape cruciale vers une plus grande responsabilité.
Par Bernadette W. Gansonré


