Transformation numérique et croissance économique : le Parlement congolais donne son aval à des emprunts de 72,8 milliards FCFA auprès de la Banque mondiale et de la Banque européenne d’investissement

Face à un besoin de financement estimé à 849 milliards FCFA en 2025, le gouvernement congolais renforce ses partenariats extérieurs pour accélérer la transformation numérique et consolider les équilibres budgétaires. Deux nouveaux financements extérieurs, d’un montant global de 72,8 milliards FCFA, viennent d’être approuvés par le Parlement. Le 25 juin dernier, les députés congolais ont donné leur feu vert à deux projets de loi autorisant l’exécutif à contracter de nouveaux emprunts auprès de la Banque mondiale et de la Banque européenne d’investissement (BEI). Cette initiative, selon le gouvernement congolais, s’inscrit dans une stratégie plus large de soutien à la croissance, à la gouvernance économique et à la digitalisation des services publics.

Le premier volet de ces financements concerne un appui budgétaire octroyé par la Banque mondiale à travers deux guichets : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA). L’enveloppe totale, estimée à environ 46,3 milliards FCFA (soit 70,6 millions d’euros), constitue la troisième tranche d’un programme de soutien aux politiques de développement économique du pays. Selon les explications du ministre de l’Économie, Christian Yoka, ces ressources visent à renforcer la gestion des finances publiques, contenir les déséquilibres macroéconomiques et créer les conditions d’une croissance plus inclusive. Le Fonds Monétaire International projette à ce titre une reprise modérée de l’activité économique, avec un taux de croissance attendu de 3,6 % en 2025 contre 2,6 % en 2024.

Malgré un excédent budgétaire prévisionnel de 352 milliards FCFA en 2025 – basé sur des recettes de 2 550,6 milliards FCFA et des dépenses de 2 198,6 milliards FCFA –, l’État congolais doit encore combler un important besoin de financement estimé à 849 milliards FCFA. Le recours aux emprunts extérieurs apparaît donc comme un levier stratégique, dans un contexte de tension sur les ressources internes.

Le second projet de loi entériné par le Parlement porte sur le financement du Projet d’accélération de la transformation numérique du Congo (PATN), pour un montant de 26,5 milliards FCFA. Ce programme structurant est soutenu par la BEI, avec un montage financier combinant prêt (17,54 milliards FCFA), subvention (6,7 milliards FCFA) et assistance technique (2,6 milliards FCFA), cette dernière financée sur des fonds européens.

Initié en 2023 et prévu jusqu’en 2028, ce programme vise à renforcer les capacités numériques de l’administration publique, à améliorer la cybersécurité et à protéger les données personnelles. Il s’inscrit dans une stratégie de digitalisation globale mobilisant à terme 92,96 milliards FCFA, cofinancée notamment par la Banque mondiale et la BEI.

Par Léon Yougbaré

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