L’activité économique au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a montré une résilience notable, avec un taux de croissance du PIB de 7,1 %, soit une légère baisse de 0,1 point par rapport au dernier trimestre 2024. Cette performance est soutenue par un climat des affaires positif, l’indicateur se maintenant au-dessus de sa tendance de longue période à 100,9 points, en hausse de 0,1 point.
La croissance du PIB en volume est principalement attribuée à l’essor des secteurs secondaire et tertiaire. Le secteur secondaire a contribué à hauteur de 2,6 points de pourcentage (pdp), en hausse par rapport aux 2,5 pdp enregistrés au trimestre précédent. Le secteur tertiaire a également maintenu sa contribution à 2,9 pdp, tandis que le secteur primaire a connu un léger repli à 1,6 pdp, soit une baisse de 0,2 point.
Secteur primaire
La valeur ajoutée du secteur primaire a augmenté de 6,4 % par rapport à la même période de l’année précédente, contre 8,5 % au trimestre précédent. Cette croissance est attribuée à la bonne performance des activités d’élevage, de pêche et de cultures de rente. Les résultats de la campagne agricole 2024/2025, publiés en mars 2025, montrent une augmentation de 3,5 % de la production vivrière, atteignant 81 696 674 tonnes, avec des hausses notables dans la production de céréales, de tubercules et d’autres cultures vivrières.
Performances des produits d’exportation
Les récoltes des produits d’exportation ont majoritairement augmenté, à l’exception de la noix de cajou. L’offre de cacao a été estimée à 1 910 742 tonnes, en hausse de 3,8 %, grâce à un rebond de la production en Côte d’Ivoire. La production de café a également connu une forte augmentation de 37,7 %, atteignant 100 533 tonnes, principalement en raison d’une meilleure récolte en Côte d’Ivoire. Les récoltes de coton-graine sont estimées à 1 995 208 tonnes, en hausse de 3,8 % par rapport à la campagne 2023/2024. Cette bonne performance est essentiellement due aux résultats enregistrés en Côte d’Ivoire (+47,3 %), au Bénin (+6,8 %) et au Mali (+5,6 %), compensant la baisse observée au Burkina Faso (-29,8 %).
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Les récoltes d’arachide ont connu une hausse de 10,9 %, atteignant 4 515 592 tonnes, reflétant la bonne répartition spatio-temporelle des pluies dans les pays producteurs. Des augmentations significatives ont été enregistrées au Bénin (+65,2 %), au Niger (+20,5 %), au Sénégal (+10,4 %) et au Mali (+7,1 %). L’offre régionale de caoutchouc s’est établie à 1 686 600 tonnes, en progression de 3,8 % par rapport à la saison agricole précédente, principalement en raison de l’accroissement du nombre d’arbres arrivés à maturité. En revanche, la production de noix de cajou a chuté de 16,2 %, atteignant 1 490 848 tonnes, en raison de conditions climatiques défavorables et d’un accès difficile aux zones de production.
Dynamique du secteur secondaire
Le secteur secondaire a enregistré une valeur ajoutée en hausse de 12,0 % au premier trimestre 2025, en accélération par rapport au quatrième trimestre 2024 où la croissance était de 11,6 %. L’indicateur du climat des affaires dans ce secteur est resté au-dessus de sa tendance de longue période à 100,4 points, en hausse de 0,3 point. L’indice de production industrielle a également progressé de 14,3 %, soutenu par la consolidation des productions extractive, manufacturière et énergétique.
Secteur tertiaire
La valeur ajoutée du secteur tertiaire a augmenté de 5,5 % par rapport à l’année précédente, avec un climat des affaires se maintenant à 101,3 points, bien que cela représente une légère baisse par rapport au trimestre précédent. L’indice du chiffre d’affaires dans les services marchands (hors services financiers) a progressé de 6,1 %, soutenu par un rebond dans le secteur immobilier, notamment au Sénégal et au Bénin.
Enfin, le secteur des services financiers a connu une expansion de 15,4 %, en légère baisse par rapport au trimestre précédent. L’indice du chiffre d’affaires dans le commerce a augmenté de 2,1 %, mais cette croissance a été freinée par une baisse des ventes de pièces détachées et d’accessoires automobiles dans plusieurs pays de la région.
Par Bernadette W. Gansonré


