UEMOA : une croissance économique tirée par la consommation et les exportations, mais des signaux mitigés sur le marché du travail

Au premier trimestre 2025, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a confirmé sa dynamique de croissance, portée par une consommation finale robuste et un secteur extérieur en redressement. Sur la base des emplois du PIB, la croissance enregistrée sur les trois premiers mois de l’année repose essentiellement sur une forte consommation des ménages, en progression de 6,1 % contre 5,7 % au trimestre précédent. Cette évolution, qui a contribué à la croissance globale à hauteur de 4,9 points de pourcentage, s’explique par l’augmentation des dépenses en énergie, en équipements domestiques et en services de logement, dans un contexte de ralentissement de l’inflation. Les investissements, bien que toujours en hausse (+5,4 %), affichent une contribution en recul (1,6 point contre 2,1 points au T4 2024). Cette modération reflète la fin de plusieurs projets d’envergure engagés en 2023, notamment en Côte d’Ivoire pour les infrastructures liées à la CAN, et au Sénégal pour les projets pétroliers.

Le secteur extérieur reste un moteur secondaire, mais croissant de la dynamique régionale. Sa contribution s’est maintenue à 0,6 point sur le trimestre, soutenue par une réduction du déficit commercial liée à la hausse des exportations, notamment de produits pétroliers. Sur l’année 2024, la contribution du commerce extérieur a même atteint 0,9 point, un renversement marqué après une contribution négative de 1,1 point en 2023. Cette amélioration est principalement attribuable aux ventes de pétrole brut du Niger et du Sénégal.

Au plan sectoriel, le tertiaire reste en tête, sous les effets du boom extractif. Sur la croissance sous-régionale estimée à 6,3 % en 2024, après 5,2 % en 2023, la part de ce secteur s’établit à 3,2 points, soutenue par la vigueur des services commerciaux et sociaux. Le secteur primaire renoue avec un rôle plus actif en 2024, sous l’effet d’une amélioration des performances agricoles et pastorales. Le secondaire, quant à lui, s’est maintenu (1,2 point, après 1,3 point en 2023), avec une activité extractive dopée par les premières extractions de pétrole brut au Sénégal, les expéditions du Niger et le lancement de la production de gaz sénégalaise.

Lire aussi : UEMOA : Au premier trimestre 2025, l’essor des secteurs secondaire et tertiaire a propulsé le taux de croissance du PIB à 7,1 % – Horonya finance

Côté emploi, les données montrent un tableau nuancé. Le taux d’occupation reste quasi stable à 53,7 % (-1 point), tandis que le taux de chômage dans les principales agglomérations se maintient à 11,6 %. Mais sous cette stabilité globale se cachent des disparités notables. Chez les femmes, le chômage progresse de 1,2 point, atteignant 15,8 %, alors qu’il recule de 1 point chez les hommes, à 7,6 %. L’analyse par tranche d’âge est tout aussi contrastée : le chômage grimpe chez les jeunes de 15 à 24 ans (+1,6 point) et chez ceux de 25 à 34 ans (+1,2 point), tandis qu’il recule chez les adultes de 35 à 64 ans (-0,8 point).

Par Léon Yougbaré

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