Ghana : le FMI salue les réformes et valide un nouveau soutien financier de 370 millions de dollars

Le Ghana vient de franchir une étape décisive dans son programme de redressement économique avec le Fonds monétaire international. Un accord a été trouvé entre les autorités ghanéennes et les services du FMI dans le cadre de la quatrième revue du programme de Facilité élargie de crédit (FEC), ouvrant la voie à un nouveau décaissement de 370 millions de dollars US, sous réserve de l’approbation finale du Conseil d’administration du Fonds.

L’annonce a été faite le 15 avril à l’issue d’une mission de deux semaines à Accra, conduite par Stéphane Roudet, chef de mission pour le Ghana. Ce nouveau financement portera à environ 2,355 milliards de dollars le montant total déjà décaissé par le FMI depuis le lancement du programme en mai 2023.

Une économie résiliente… mais fragilisée par l’année électorale

Selon le FMI, l’économie ghanéenne a montré une croissance plus robuste que prévu en 2024, portée notamment par les secteurs miniers et de la construction. L’embellie du commerce extérieur, grâce à des exportations d’or en forte hausse, à une progression des transferts de fonds des diasporas et à une amélioration des réserves de change, a renforcé cette dynamique.

Cependant, cette performance a été éclipsée en fin d’année par de forts dérapages budgétaires liés aux élections générales de 2024, marqués par une accumulation rapide de dettes, une inflation au-delà des prévisions du programme et des retards dans la mise en œuvre de réformes-clés dans les secteurs budgétaire, financier et énergétique.

Un plan de redressement salué par le FMI

Face à cette dérive, le nouveau gouvernement a réagi avec fermeté. Un budget 2025 visant un excédent primaire de 1,5 % du PIB a été adopté, contrastant avec le déficit de plus de 3 % enregistré l’année précédente. Le FMI a salué cette volonté politique de redressement, soulignant l’adoption de réformes ambitieuses dans la gestion des finances publiques, notamment un renforcement du cadre de responsabilité budgétaire et l’instauration de règles plus strictes de limitation des dépenses.

Des discussions sont également en cours pour corriger les faiblesses structurelles des systèmes d’approvisionnement et du système financier, tout en renforçant la protection sociale à destination des populations les plus vulnérables.

Politique monétaire et énergie dans la ligne de mire

Sur le plan monétaire, le FMI a encouragé les récentes décisions de la Banque du Ghana de relever son taux directeur, y voyant un pas nécessaire pour enrayer l’inflation et appuyer l’effort budgétaire.

Dans le secteur de l’énergie, la reprise des ajustements trimestriels des tarifs de l’électricité et les réformes structurelles engagées devraient contribuer à réduire les subventions publiques et éviter l’accumulation de nouveaux arriérés.

Restructuration de la dette : des progrès concrets

Le FMI a également salué les progrès enregistrés sur le dossier de la dette. Le Ghana a signé un protocole d’accord avec le Comité officiel des créanciers dans le cadre commun du G20, et poursuit les négociations bilatérales pour le rendre effectif. Des discussions sont également en cours avec les créanciers commerciaux, conformément au principe de comparabilité de traitement promu par le FMI.

Cet accord marque une nouvelle étape dans le long processus de stabilisation financière engagé par Accra. Mais à l’approche des élections, les marges de manœuvre restent étroites, et la discipline budgétaire s’annonce comme le principal défi du gouvernement dans les mois à venir

Par Amhed Coulibaly

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