Nigeria : La production d’huile de palme estimée à 1,57 million de tonnes en 2025

La filière huile de palme nigériane retrouve des couleurs. En 2025, la production a atteint 1,57 million de tonnes, contre 1,28 million de tonnes en 2020. Une progression régulière sur cinq ans qui ravive les ambitions d’Abuja de reconquérir une place de premier plan sur le marché mondial.

Ces chiffres ont été dévoilés par le Conseil des pays producteurs d’huile de palme (CPOPC), en mission officielle dans la capitale fédérale, selon l’Agence de presse du Nigeria. Au-delà des statistiques, la visite marque une relance de la coopération entre le Nigeria et les grands pays producteurs, dans un contexte où le pays reste confronté à un déficit structurel d’approvisionnement car la dynamique de production ne suffit pas à satisfaire la demande intérieure.

Sur la période, la consommation nationale est passée de 2,45 à 2,61 millions de tonnes. Résultat : un déficit supérieur à un million de tonnes, comblé par des importations massives. Chaque année, le Nigeria débourse environ 600 millions de dollars pour importer de l’huile de palme, malgré des ressources naturelles abondantes et un savoir-faire historique.

Pour la secrétaire générale du CPOPC, Izzana Salleh, l’enjeu dépasse la seule question nigériane. Elle rappelle que le palmier à huile est originaire d’Afrique de l’Ouest et que le Nigeria fut jadis un leader mondial du secteur, avant de céder du terrain aux géants d’Asie du Sud-Est. L’objectif, selon elle, est désormais de bâtir une compétitivité durable et de renforcer la voix des producteurs africains dans les discussions internationales sur les politiques liées aux huiles végétales. Une coordination accrue, plaide-t-elle, permettrait de protéger les revenus des agriculteurs, de soutenir la sécurité alimentaire et de promouvoir des normes de durabilité adaptées aux réalités des pays en développement.

Le CPOPC se dit prêt à accompagner Abuja dans l’augmentation de sa production, la modernisation de la chaîne de valeur et l’amélioration de la sécurité alimentaire. Un appui d’autant plus crucial que plus de 80 % de l’huile de palme nigériane provient de petits exploitants utilisant des méthodes jugées obsolètes, avec à la clé de faibles rendements et une chaîne de valeur fragmentée.

De son côté, le président de la National Palm Produce Association of Nigeria (NPPAN), le Dr Alphonsus Inyang, estime qu’une adhésion complète du Nigeria au CPOPC pourrait constituer un tournant stratégique. Elle ouvrirait l’accès à des technologies améliorées pour accroître le taux d’extraction d’huile, tant pour l’huile de palme que pour le noyau de palme. Elle permettrait également de renforcer les capacités des petits producteurs, qui assurent l’essentiel de l’offre nationale, grâce à des programmes de formation, des matériaux hybrides plus performants et un appui technique ciblé.

Par Amhed Coulibaly

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